BEST janvier 1988

"Soigne Ta Droite" : Un film de Jean-Luc Godard avec les Rita Mitsouko. Un combat parfois rude mais dont le résultat, aux dires des protagonistes, est O.K.

Ça remonte à deux ans maintenant : début 86, sur les conseils d'un journaliste du Monde, Jean-Luc Godard regarde le clip de « Marcia Baïla » à la télévision. II devait être le dernier en France à ne pas l'avoir vu, car manifestement Godard se fout du Top 50. Et de la musique pop en général. Lui ce qu'il aime avant tout c'est les gueules. II avait bien pris Dutronc pour faire l'acteur dans « Sauve Qui Peut La Vie » et Hallyday dans « Détective », mais il n'avait pas filmé quoi que ce soit d'approchant 4e rock depuis « One plus One » en 68 qui montrait des séquences des Rolling Stones construisant laborieusement en studio le « Sympathy For The Devil » de leur album « Beggars Banquet », prises en sandwich entre les discours des Black Panthers. Un film mythique que pourtant Jagger avait renié dès sa sortie.

Godard n'est pas un personnage facile. Ses films non plus. Toujours est-il qu'en voyant « Marcia Baïla », il craque sur Fred Chichin et Catherine Ringer (il m'expliquera plus tard pourquoi) qui lui inspirent presque immédiatement un projet précis mais qu'il gardera secret jusqu'à la moitié du tournagede son film. D'abord il contacte Fred et Catherine, leur explique son désir de les filmer pendant qu'ils travaillent leur musique, puis de leur faire tenir un rôle dans son dernier long métrage qui s'appellera : « Soigne Ta Droite ».

De leur côté, Fred et Catherine rentrent juste d'une tournée de clubs à travers la France, et ont à peine eu le temps d'entreposer le matériel dans leur deux-pièces du nord de Paris ; mais devant le succès inespéré de la chanson « Marcia Baïla » ils sont pressés par leur maison de disques de commencer immédiatement à travailler les chansons d'un nouvel album. Pour Fred et Catherine, travailler sous l'oeil d'une caméra c'est un challenge. Surtout celle de Godard. Ils ont vu « A Bout de Souffle », « WeekEnd », « Le Mépris », « Pierrot de Fou », et même si parfois il est capable d'être chiant, ça ne se refuse pas. Alors Godard convoque une équipe de techniciens réduite à trois personnes, fait signer un contrat à Fred et Catherine qui lui donne le droit de disposer de leurs présences et de leur musique comme il l'entend, puis investit aussitôt le minuscule deux pièces, incroyable gourbi où sont amassés les instruments de la tournée, vêtements et enfant.

QUEL FILM ?

Dès le premier jour où ils ont branché leurs instruments pour commencer à composer les nouveaux morceaux, Godard et son équipe sont là qui disposent ampoules électriques, reflets de miroirs suivant une technique de « lumière dans le champ » sans aucun rajout de projecteur, attentifs à chaque geste, chaque phrase du couple. Ça va durer trois semaines comme ça. Fred et Catherine jouent le jeu. Les morceaux progressent, Godard semblent être tombé amoureux d'eux. Parfois il oublie de filmer ou de régler le son, il écoute simplement. De l'avis de Caroline, son opératrice, il est en état de grâce absolue. II aime leurs manières, leur énergie, leurs visages dans l'objectif. II vampirise.

Fred, Catherine et Godard communiquent peu, chacun travaille, c'était ça l'arrangement ; il suit son idée, enregistre la musique, sélectionne certains des instruments, exécute son propre mixage, très sobre, de la musique des Rita Mitsouko. Une fois abouties les fondations des morceaux, ils décidents de poursuivre l'enregistrement au studio Garage. Godard suit. Peu à peu ils ont appris à se connaître et Catherine commence à se détendre, elle parodie Anna Karina dans « Pierrot le Fou » : « J'sais pas quoi faire, qu'est-ce que je peux faire ? », elle le provoque, entre eux s'amorce une sorte de passion distante. II semble heureux.

Finalement après cinq semaines de tournages Godard met les choses au point : les séquences avec Rita Mitsouko sont terminées mais « Soigne ta Droite » comporte deux nouveaux « segments » de fiction auxquels Fred et Catherine ne participeront pas. S'ensuit une discussion exaltée au cours de laquelle Godard voulant illustrer une théorie sur le centre et la périphérie renverse son café dans sa soucoupe, arrosant copieusement table et participants ; Catherine Ringer se lève alors et retourne l'intégralité de son demi sur la tête de Godard. Lui s'en fout (?).

II dit : « Soit je suis peintre, soit je suis musicien » et exhibe des feuilles de papier noircies de traits, de hachures et de ronds, la véritable partition de « Soigne ta Droite » qu'il dévoile enfin. Comme pour un morceau de jazz, le film comporte des thèmes et des improvisations. II est loin d'être fini. II faudra encore deux années de travail pour l'achever. Après Rita Mitsouko, le deuxième thème est celui de l'océan-Jacques Villeret, le troisième celui de l'avion-Michel Galabru. Un film vertical entre ciel et terre, un film érectile où Fred et Catherine seront les anges.

Sans rien dire à personne, Godard avait tout prévu. II avait fait lui-méme le casting. II voulait Birkin, Villeret, Pauline Lafont, François Perier et Michel Galabru. Tous sont venus, comme d'habitude, personne ne refuse un film de Godard. D'ailleurs, en bon redresseur de torts du cinéma contemporain, il a tout fait, jusqu'au montage qu'il exécute « en temps réel » sans garder les chutes, c'est à dire qu'il avance sur la pellicule sans jamais revenir en arrière. Un phénomène unique dans le monde du grand écran.

Alors finalement « Soigne ta Droite » c'est quoi ? Un document-rock ? Une thèse sur la Création, sujet qui semble l'obséder depuis « Passion » ? Une métaphore humoristique sur l'époque ? Une histoire de paumés dans des avions jaune-citron et des Ferrari rouge-sang, et d'autres célestes qui fabriquent dans la pénombre ? Un conte esthétique, poétique, absurde et morbide ? Bien sûr tout ça à la fois, embrouillé, à tiroirs, à se tordre de rire.

En gros voilà ce qu'il en est : Godard est le Prince. II lit « L'Idiot » de Dostoïevsky,et doit écrire, réaliser et projeter dans la journée un film intitulé « Une Place Sur Cette Terre ». François Périer-commanditaire s'interroge « Quel film ? Quel style ? » Michel Galabru-producteur-pilote d'avion lit un traité de suicide. Avant le décollage, en uniforme, il fait réciter des psaumes morbides à ses passagers. Dans la cabine, Godard interroge un voisin exaspéré : « Qu'a dit Goethe avant de mourir ? » L'autre : « Oh ! Ça suffit. » Godard : « Parfaitement ». Birkin est une grue, ou plutôt une cigale : en décapotable rouge, luxueuse et futile. Un milliardaire apprend à Pauline Lafont à jouer au golf. Elle a un gros problème de balles et préfère se faire trousser dans les buissons. Pendant ce temps-là, back in the studio, Fred et Catherine s'acheminent vers « C'est Comme Ça », morceau générique du film. Une serveuse déclare : « Un acteur est quelqu'un qui ne doit pas apparaître, mais disparaitre.»

Qui dans ce film va sortir de lui-même ? Va pouvoir « assassiner les ténèbres dans le dos ? » Serait-ce Villaret dans une villa aux fenêtres entr' ouvertes sur l'océan (royaume des ténèbres) qui rêve de femmes nues et s'interroge: «Aucune civilisation ne choisit sa mort. Pourquoi dramatise-t-on la mort ? », ou ces joueurs de tennis qui déclarent : « La guerre est un échange de balles » ? Non, Fred et Catherine encore qui somme toute sont les seuls à ne pas tourner en rond. Harmonie dans la dissonance ambiante, ils sont la poésie, les anges. A la fin on ne saura pas qui des anges ou de la production (le film dans le film) s'élève le plus haut... Générique. Perle de sueur qu'on éponge sur le front. Lumière.

GO-DARD GO !

Au fait c'est: GOD-ART. Avec un T ou GODARD avec un D ?

Un D. D'ailleurs Godard ne MONTRE pas. II D-MONTRE.

Que faisaient exactement Fred et Catherine dans ce film ? En théorie on pourrait croire qu'ils sont là pour racoller des spectateurs à Godard. Ils parlent peu et se tiennent en dehors de la narration à tiroirs. J'avais un doute.

Et puis je suis arrivé à Neuilly dans le bureau super propre, super suisse de Godard et sur la table il y avait un paquet de Boyard maïs qui comme chacun sait sont les cigarettes les plus dégueulasses de la Terre mais dont le paquet est certainement le plus beau. Impossible de se tromper : avant d'être séducteur ou jouisseur, Godard est un esthète. II était là face à moi echevelé, oeil de hibou, accent traînant et je lançais la machine de son esprit embrouilleur : Go-DARD GO ! qui ne peut s'empêcher après quelques pas (trois petits points) de dériver sur les bas-côtés de l'idée première :

Jean-Luc Godard : J'ai vu une fois leur... enfin j'aime pas beaucoup ce qu'on appelle les clips... enfin les trois quarts, c'est comme le porno, c'est bâclé, ils n'ont rien à traiter. J'avais vu par hasard « Marcia Baïla », et j'ai eu le sentiment qu'ils l'avaient fait eux-mémes, ça m'a semblé différent du reste. Je me suis dit: tiens voilà des gens qui sont... comme un film de Tati à l'époque des films noirs, personnels, originaux. D'habitude les clips racollent complètement, ce ne sont même pas les putes, ce sont les macs de la musique (rires). Alors je leur ai proposé de travailler avec moi. Je faisais mon film un peu comme eux leur musique. Après ça je voulais qu'ils réapparaissent dans l'histoire, mais il aurait fallu plus se lier, plus travailler, et ils étaient à fond dans leur disque. Le peu de rapports que j'ai eu avec eux, ils m'ont semblé... ouais très différents des autres. Le fait qu'ils travaillent vraiment à deux, ce qui est rare, et l'amour qu'ils ont pour la musique, il en ressort quelque chose dans le film.

La chanson, enfin j'en écoute pas beaucoup, elle me paraissait en dehors ; pour moi ils appartenaient au monde du cinéma muet, des gens qui bougent beaucoup, elle surtout, et puis il y a un comparse, un côté Laurel et Hardy, sauf que c'est un couple moderne normal, tel qu'on en rencontre au café de la gare St-Lazare ou aux Champs-Elysées. Des gens normaux.

La plupart des films rock sont assez mauvais parce que les réalisateurs n'écoutent pas la musique, ils filment la personne; le moins mauvais c'est celui de Scorsese « The Last Waltz ».

(Je lui soumets une liste de films)

« Jailhouse Rock » : Pas vu. « Dont Look Back » : Oui je vois... non... ça c'est... mais j'aime beaucoup Dylan. J'avais vu son film (« Renaldo & Clara ») sympathique. J'ai été un des premiers à parler de Dylan dans « Masculin Féminin » en 64. J'avais envie de l'incorporer dans « Le Roi Lear », mais quand c'est de telles vedettes... puis j'ai pensé à Sting, il était d'accord, mais finalement je n'ai pas trouvé quoi lui faire faire, il était un peu vexé. Dylan j'aurais aimé, mais les Américains sont comme des rois, intouchables, c'est comme si je demandais à Mitterrand de faire un petit rôle de secrétaire parce que son visage est idéal pour ça, il voudrait bien mais il ne peut pas. (rires).

« Performance » : Pas vu. « Je t'aime moi non plus » :... (il fait la moue). Warhol j'aime bien. Jarmusch pas vu, « Blow Up » : Ha ça oui. C'est magnifique.

OPERA

- « C'est Comme Ça », la chanson générique du film est elle comme « Sympathy For The Devil », typique de l'humeur d'une époque ?

Godard : Souvent la musique parle d'une autre manière, comme délivrée du sens, des lois, des passages cloutés grammaticaux, c'est proche de ce qu'a été le cinéma auparavant, on reçoit d'un seul coup, sans parler. Aujourd'hui dans le cinéma si vous n'aimez pas un film d'Antonioni, soit on vous dit : vous êtes un con, soit on vous dit : le cinéma intelligent c'est pas du cinéma. De ce point de vue-là un truc détaché comme « C'est Comme Ça » est assez agréable. « One plus One » c'est pareil, c'était un documentaire. Au départ je voulais les Beatles. Ça n'a pas pu se faire.

- Est-ce que les Rita Mitsouko symbolisent quelque chose de précis dans le film ?

Godard : J'ai trouvé qu'ils étaient comme des personnages d'avant-guerre, pas vraiment modernes en fait, mais plus libres et plus conscients que les autres. Eux ce sont vraiment des personnages de film. Catherine me fait penser à Pauline Carton. Elle est très classique et très romantique. Entre Birkin et Lafont c'est la jeune reine-mère. L'idéal serait qu'ils soient dans une comédie musicale qui ne soit pas une comédie musicale, burlesque, peut-être un film de Josiane Balasko, mais alors il faudrait virer Thierry Lhermitie (rires), et je ne pense pas que Balasko les échangerait contre Lhermitte, ils ont trop de personnalité. Ou alors un film de Mocky, s'il n'était pas si... désordonné. Maintenant ça y est, ils sont cantonnés dans un truc, comme moi. Eux, c'est clips, émissions de variété. On devrait pouvoir circuler plus, être plus à l'aise.

- Sont-ils pour vous des représentations de « l'artiste » ?

Godard : Non pas du tout. Je dirai une représentation du petit peuple. II n'y a quasiment pas eu de rapports entre nous mais il y avait une très bonne entente. Sauf à la fin où Catherine s'est un peu fâchée. Elle m'a dit « Qu'est-ce que t'es venu foutre ? » Mais quand ils ont vu le film, ils se sont rendu compte que je les avais regardés sincèrement. J'ai pris leur musique complètement à la base. Ils ne s'étaient jamais vus comme ça. Ça leur fait un album de famille. Je préfère la musique dans le film à leur disque. Moi j'ai enregistré 24 pistes mais je n'en ai gardé que quelques-unes, une basse, quelques voix alors que le disque est bourré de choses. On n'entend presque plus rien. Ils ont un côté opéra tous les deux, je veux dire Kurt Weill. Ou Bob Dylan. Ils appartiennent à une autre époque.

- Pourquoi ne pas faire un clip avec eux ?

Godard : Oui éventuellement. Mais ils ont beaucoup de personnalité, j'en ai aussi et ce n'est pas la peine de rentrer en concurrence. Sur un spectacle ou sur un truc plus long peut-être, oui, un opéra. Un opéra différent.

- Sont-ils des artistes à la Godard ?

Godard : Oui dans le sens où ils travaillent beaucoup. Ils écoutent, ils s'écoutent. Oui ils sont très sérieux, donc ce sont des artistes à la Godard (rires).

BONNE BAGARRE

Suite.../... J'avais donc parcouru un tronçon de ce point d'interrogation qu'est « Soigne ta Droite » ou la rencontre de Jean-Luc Godard avec Rita Mitsouko. Cependant, et ceci est beaucoup plus troublant, car il s'agit d'un phénomène complètement indépendant de l'esprit humain, où par conséquent les lois d'associations d'idées ne jouent plus aucun rôle, il existe une explication physique à ce système musical... il DOIT exister une ... vous savez ce que je veux dire... taxi... et je presse la sonnette d'un bâtiment au fond d'une cour du 19" où vivent Fred et Catherine depuis qu'ils sont riches. Accueil courtois. On me propose un petit déjeuner tardif, de fromage et whisky. Je déteste le fromage. Mais qui s'en soucie ? Pressé par le temps je bois un café et envoie les questions

- Pourquoi avez-vous accepté de figurer dans ce film ?

Catherine Ringer : Parce que c'était dur et aventureux. On aime ce qui est dur et aventureux, alors on s'est dit : Ha ben tiens...

- Si ça avait été Josiane Balasko, vous auriez accepté ?

Catherine : Non.

Fred Chichin : Elle nous l'aurait pas demandé. (rires) II n'y en a pas beaucoup qui ont ce genre d'idée. Par exemple: Godard n'est pas venu à Londres pour la fin de l'enregistrement avec Visconti, ça ne l'intéressait pas. Il nous a juste filmés chez nous et au Garage.

Catherine : II nous a d'abord demandé si on voulait bien ; c'était pas évident de se laisser filmer au moment où on travaillait les morceaux. Mais c'est ça qui l'intéressait: !e moment même où on trouvait un truc, comment on faisait.

Fred : C'était bizarre. Il est resté deux mois. Mais on s'était mis d'accord que quand ça nous prenait la tête il ne venait pas. C'était assez cool. Lui il comprenait. Des fois il venait trois jours de suite, des fois non. On lui avait donné une clé. Quand on arrivait, des fois il était déjà là.

- En général on voit plutôt les groupes en coulisse, ou sur scène...

Catherine : Justement c'est ce qui nous plaisait. Plein de gens ne savaient pas que nous étions compositeurs, que moi je joue de certains instruments, la manière dont on travaille, qu'on fait le son nous-mêmes etc...

- Dans le film on vous voit travailler des morceaux qui ne sont pas sur l'album...

Catherine : Oui on n'a pas tout mis sur le disque. Il y a un bout de « Elle Demande Quelqu'un » que Fred avait écrit avec Jean Néplin, et puis un autre.

- Vous êtes amis avec Jean-Luc Godard maintenant ?

Catherine : Au début on avait pas intérêt à être copains, sinon on aurait été trop sentimentalement investis par sa présence, donc c'était bien qu'on ne se parle pas trop. De temps en temps il nous racontait des histoires, on a déjeuné une ou deux fois ensemble. Maintenant je l'aime bien. Je le trouve vachement attachant.

- Quand le film a été fini, qu'est-ce que vous avez pensé ?

Fred : On a trouvé ça vachement bien.

Catherine : C'est bizarre, mais on a vu plus bizarre.

- Vous vous êtes trouvés héroïques ?

Catherine : Oui (rires). Rien que le fait de laisser quelqu'un te filmer dans un tout petit studio... nous on savait pas ce que ça allait donner, en plus on s'était engagés, on avait été payés, il y avait un contrat, donc il fallait le faire. Si ça avait été une catastrophe pour la composition de l'album, ça aurait été pour nos pieds. Donc c'est vrai qu'on a été héroïques. Aussi parce qu'on n'a pas peur d'aller jusqu'au bout des tristesses, des malheurs ou des angoisses.

Fred : On savait pas non plus ce qu'il fallait faire. II pouvait nous ridiculiser. Nous montrer comme des ploucs. C'est facile avec le cinéma.

- Vous êtes des artistes à la Godard ?

Catherine : Oui on travaille par couches. On cherche des nouvelles manières de faire les choses, quitte à être chiants, quitte à se tromper.

Fred : On barjotte mais on fait des chansons. Classiques mais bizarres.

- Catherine s'est mise en colère à la fin du tournage ?

Catherine : On a eu une discussion qui s'est mal terminée. II s'était mis en colère et je lui avait dit de se calmer. Ça arrive. Ça s'est terminé comme dans ses propres films où les gens s'excitent et se bagarrent. (Fred éclate de rire)

Catherine : Une bonne bagarre comme dans les westerns. Tout'manière c'est lui qui avait commencé: il m'a renversé son café dessus, et moi je lui ai renversé mon demi sur la tête, et puis voilà, on s'est donné des coups de poings (rires). Moi j'aime bien la bagarre. On s'est pas vraiment fait mal, mais c'était... arrrrgh !c'était à propos de l'argent qu'il nous avait donné pour tourner des scènes de fiction, on avait pensé le lui rendre puisqu'on n'avait pas tourné les scènes, et puis on a décidé de le garder puisqu'il nous avait posé plein de lapins et qu'on avait perdu plein de temps à l'attendre.

- Vous êtes vraiment burlesques...

Catherine : Oui c'est vrai. On aime bien faire rigoler. (rires).

- Vous êtes un peu comme Laurel et Hardy...

Fred : Qui c'est Hardy ?

Catherine : Ça doit être moi. La petite grosse et le grand maigre.

Gilles RIBEROLLES