FIGAROSCOPE Mercredi 19 février 1997

NOUS NE COURRONS PAS APRES LA REUSSITE

Revenus sur le devant de scène par Ia grâce d'un bel album acoustique, Catherine Ringer et Fred Chichin font escale à la Cité de la musique pour trois concerts " Carte blanche ". L'occasion de faire taire les mauvaises langues qui pronostiquaient l'essoufflement du duo le plus turbulent de la chanson française.

La Cité de la musique perturbée par le mouvement des intermittents. Qu'en pensez-vous ?

Nous avons la chance de ne plus être dans ce cas depuis longtemps. Mais ne comptez pas sur nous pour aller contre notre milieu.

Comment se compose votre spectacle ?

Il y aura trois parties : une acoustique, une électronique-batterie " Dream ", et la dernière avec des chansons nouvelles (dont l'album sortira à la rentrée), avec des invités comme la chanteuse Marianne Matheus, la danseuse Blanca Li, Iso Diop et Solo (ex-Assassin), qui jouera les MC (NDLR : maître de cérémonie chez les rapeurs).

Vous êtes branchés rap ?

Fred vient de faire une compilation de rap baptisée Liaisons dangereuses, avec Dr Gynéco. Nous trouvons qu'il y a chez les rapeurs un maniement de la langue française qui est remarquable, plein d'inventions et de poésie. Ce n'est pas du Victor Hugo, mais le français n'est pas une langue morte ! Nous sommes frappés par la sévérité avec laquelle on juge les rapeurs. Il y a bien plus de violence dans un bouquin de la Série noire !

D'où votre chanson Y a d'la haine ?

Ce texte a été écrit dans un mouvement de colère. Mais, vous savez, l'amour et la haine, c'est vraiment la base... Pourtant, vous n'avez jamais revendiqué le statut de chanteurs à messages ? Pour parler de certaines choses, nous attendons d'en être sûrs.

Chères petites est un clin d'oeil à vos filles ?

Il s'agit d'une chanson sur la difficulté de rester ensemble. Pour parler à nos filles, nous n'avons pas besoin d'une chanson !

Que fait Catherine quand Fred joue les rapeurs ?

Je viens de terminer la musique de Sinon oui, un film de Claire Simon. Je suis très fière, car cela m'a permis de rencontrer Archie Shepp. Nous avons improvisé tous les deux, c'était un vrai bonheur !

Vous récusez toujours l'étiquette rock ?

Nous faisons des chansons modernes qui mêlent le rock, le jazz, les rythmes latino-américains. En fait, cela pourrait s'appeler musiques du monde ! Heureusement qu'il y a le karaoké pour relancer les chansons populaires. C'est super de voir les gens chanter ensemble.

Que répondez-vous à ceux qui prétendent que les Rita sont en panne d'inspiration ?

C'est normal que l'on dise ça, car on ne respecte pas le timing habituel. Nous ne courons pas après l'argent, la réussite ou la présence médiatique. On ne va pas beaucoup à la télé, et on ne fait pas les rubriques " people " ! Il y a des artistes qui ont besoin qu'on parle d'eux tout le temps. Pas nous...

 

Propos recueillis par Annie GRANDJANIN